Article rédigé par
BOUTOT Yannick en mars 2005.
Les films qui ont compté pour Jean-Claude : Bloodsport (1987)
Bloodsport était le premier véritable film pour Jean-Claude Van Damme en 1987. Le scénario lui avait été offert par Menahem Golan suite a une entrevue mouvementée avec le producteur de la Cannon. En effet, Jean-Claude avait impressionné le producteur par un coup de pied circulaire au dessus de sa tête à la sortie d’un restaurant et celui-ci lui avait laissé sa carte de visite. Cette entrevue est développée dans la très bonne biographie de Van Damme par Philippe Graton
Anatomie d’une détermination. Ce premier scénario qu’un producteur daignait lui offrir représentait sûrement beaucoup aux yeux du jeune belge alors âgé de 27ans. Cette première chance était la véritable concrétisation de ses rêves de gosse. En effet, à cette date Jean-Claude avait pas mal galéré aux Etats-Unis et avait fait deux petites apparitions dans
Monaco Forever et
Breakin. Il avait également assuré l’entraînement de Chuck Norris sur
Porté disparus et avait joué les méchants dans
Karaté Tiger de Corey Yuen, futur fight choregrapher régulier de Jet Lee. Il avait ensuite partagé la vedette avec Sho Kosugi, alors star de l’action, dans
Black Eagle réalisé par l’inénarrable Eric Karson déjà coupable de
la Fureur du juste avec Chuck et un Lee Van Cleef épuisé.
Néanmoins, était-ce un beau cadeau ? Van Damme, alors inconnu, se voyait confier la vedette d’un film mais le scénario ne brillait guère par ses qualités et on se demande qui aurait pu tenir la vedette à part Jean-Claude si ce n’est Michael Dudikoff qui avait déjà fort à faire avec les ninjas
(American Warrior, Le ninja blanc). Une histoire vraie, celle de Frank Dux le premier occidental à avoir remporté le Kumite un tournoi d’arts martiaux clandestins, donnait lieu à un développement sommaire afin de se concentrer sur le tournoi. Le réalisateur Newt Arnold passait ici pour la troisième fois à la réalisation après avoir été assistant réalisateur sur de grands succès
(Le parrain 2, La tour infernale, Blade runner). Cependant, le scénario était assez bancal et l’univers du réalisateur bien trop kitch (ah, les corps bien huilés des combattants et les nombreux flash-back ! ! !) et sans véritable inventivité. De plus, Van Damme n’avait jamais joué la comédie et malgré un certain charisme il ne laissait pas un grand souvenir en dehors des impressionnants combats.
Le film, remonté par Van Damme, fut néanmoins un succès à une époque ou la Cannon produisait à tour de bras grâce à Chuck Norris et Charles Bronson mais aussi Michael Dudikoff. Bloodsport a été pendant de nombreuses années le maître-étalon de nombreux films, qui en reprenant les recettes de celui-ci ont pourvoyé de nombreux clichés.
Menahem Golan avait trouvé en Jean-Claude Van Damme un nouveau poulain afin de prendre la relève de messieurs Norris et Bronson qui donnaient quelques signes de fatigue et de compléter Michael Dudikoff plus limité en arts martiaux. Le film fut un grand succès, d’abord en vidéo puis dans les salles obscures devant la pression des fans. Il est vrai qu’on avait plus vu de films d’arts martiaux de ce style depuis ceux de Bruce Lee. Il ne faut pas non plus oublier la grande force de la Cannon qui savait produire des films efficaces à défauts d’être originaux.
BOUTOT Yannick