Article rédigé par
BOUTOT Yannick en mars 2005.
Les films qui ont compté pour Jean-Claude : Cavale sans issue (1993)
Cavale sans issue est le tout premier film ‘normal’ de Jean-Claude Van Damme, j’entends par-là que tout n’est pas basé sur ses muscles. Il s’agit en effet d’un film d’aventure et non d’un film d’action à proprement parlé. En cela, le film est un projet ambitieux pour Van Damme qui a connu de grands succès notamment grâce à
Double Impact et à
Universal soldier. Suite à ces deux grands succès (plus d’1 M de recettes dans le monde pour
Universal soldier) Van Damme peut en effet s’investir dans un projet plus ambitieux et qui l’éloigne de son habituel carcan. Il faut noter qu’il a donc eu très tôt l’envie de se renouveler afin de ne pas être prisonnier d’un genre ce qui est assez étonnant.
Il est sûr que l’expérience a du être très valorisante pour Jean Claude qui se rapproche ici d’un cinéma plus hollywoodien. En effet, celui-ci se voit offrir l’opportunité, pour une des premières fois, d’incarner un personnage complexe. Néanmoins, ce rôle est peut être arrivé un peu tôt dans sa la carrière et il ne semble pas toujours aussi à l’aise que dans ses autres films. Cependant, Van Damme s’en tire honorablement et semble assez naturel. L’absence de dialogues au début lui permet de montrer les hésitations de son personnage qui peut à tout moment basculer dans la violence.
La réalisation est signée Robert Harmon, révélé avec Hitcher mais qui ne confirmera jamais par la suite les espoirs qu’avait suscité ce premier film qui lui valu d’être comparé à Steven Spielberg. La mise en scène est assez ample avec une très bonne photographie et les scènes d’action auraient paraît-il été tournées par Peter McDonald, futur réalisateur de
Légionnaire. L’histoire a été co-écrite par Richard Marquand, réalisateur méconnu et trop souvent oublié du
Retour du Jedi. En ce qui concerne le scénario, celui-ce a été co-écrit par Joe Esterhas, scénariste de
Basic Instinct. L’histoire, assez simple mais bien écrite, se rapproche de celle d’un western et ménage de bonnes scènes entre Van Damme et Rosanna Arquette sans que la romance soit platonique ou linéaire. On peut toutefois lui reprocher quelques péripéties un peu artificielles et peu crédibles de même que des dialogues peu intéressants pour le personnage de la fillette, cela étant peut être dû à une mauvaise vf. On trouvait donc Rosanna Arquette, toute auréolée de son succès du
Grand Bleu, pour lui donner la réplique ainsi que Kieran Culkin, le frère de Macaulay.
Ces participations expliquent que le film atteint un bon niveau alors que Van Damme était dans l’ensemble cantonné aux séries B d’action troussées par des spécialistes du genre parfois limités (Mark DiSalle, Newt Arnold,…) ou plus doués (Albert Puyn). Néanmoins, et malgré cette bonne qualité d’ensemble, le film ne fut pas véritablement un succès car il s’éloignait trop du créneau de Van Damme pour ses fans. Cela explique que le film rentra de justesse dans ses frais. Il serait plaisant de revoir Van Damme faire un film de ce style en ayant l’expérience qu’il a pu acquérir depuis ce temps là. En outre, l’expérience avait sûrement plu à Jean-Claude qui changeait un peu de registre et qui conduisait même une triumph comme son héros Steve Mc Queen dans
La grande évasion. Ce film, s’il éloignait Van Damme de son habituel public, lui permit de se crédibiliser et de plaire à d’autres personnes que les films d’arts martiaux rebutaient.
BOUTOT Yannick (remerciements à Vanessa BARRIERE pour ses conseils et son amour)