INTERVIEW DE JEAN CLAUDE VAN DAMME : `Cette fois, je reviens!´
Propos recueillis par Eddy Przybylski pour le journal La dernière Heure
Jean-Claude Van Damme est très sûr de la qualité de son film
BRUXELLES Jean-Claude Van Damme ne parlera jamais de ses
soucis et de ses films récents qui ont moins marché. Il est ainsi
fait qu'il cultive l'image d'un dynamique optimiste, moulé parfaitement
dans l'american way of life pour qui, chaque film nouveau,
est celui du grand retour au sommet. Mais avec ce Réplicant,
il a des atouts réels à faire valoir. A commencer par la qualité
du film (pour ceux qui aiment le genre). Qualité qui a d'ailleurs
été célébrée par le plus important magazine de Hollywood, le Variety.
`Ici, tout le monde suit religieusement ce qui est écrit
dans ce magazine. C'est donc très bon pour moi et pour mon image
par rapport à l'industrie du cinéma. Avec un article pareil, c'est
sûr que je serai plus respecté.´
C'est de cela que vous avez besoin? De respect?
`Je n'ai besoin de rien du tout! Je sais d'où je viens. Je sais
où je vais. Les gens pensent de moi ce qu'ils veulent: je réponds
simplement que ceux qui parlent ne me connaissent pas. Si un petit
oiseau vient se poser tous les matins sur le bord de votre fenêtre,
vous le voyez, vous croyez le connaître, mais vous ne le connaissez
pas. A un moment, il fait cui cui et il vous échappe. La
seule chose dont j'ai besoin, c'est que les gens aiment les films
que je fais. Pour le reste, je suis heureux. Ma famille est heureuse.
Chaque film nouveau est, pour moi, un défi fantastique. Mais je
reste quelqu'un de tranquille. Je crois pouvoir dire que je suis
un cool guy.´
Le réplicant est sorti au Brésil, en Asie et en Europe. Mais
aux Etats-Unis, il ne sortira pas dans les salles. On ne le verra
qu'en cassettes et en DVD.
`C'est dommage. Mais c'est un choix des producteurs. Simplement,
en décidant de cette formule, ils étaient certain de l'argent qu'ils
gagneraient. Je suis très fier de ce film. Je suis persuadé qu'ici,
aux Etats-Unis, il aurait fait une grande carrière en salle. Et
si vous me demandez pourquoi je suis si fier du Réplicant ,
c'est parce que nous avons réussi à faire un grand film avec des
budgets très réduits. Ce n'est pas, loin de là, un film de cinquante
ou soixante millions de dollars. Pour y arriver, nous avons travaillé
pendant cinquante jours à raison de quinze heures par jour. Mama
Mia! Mais le résultat est là. Et si nous n'avons pas eu de gros
budgets, c'est parce que le film a été produit par un indépendant
et pas par un grand studio. Il était capital pour le producteur
de récupérer son investissement et, lorsqu'il a reçu une proposition
ferme des distributeurs de cassettes, il n'a pas pu résister. ´
Ce type de film d'action est amusant à tourner? Ou c'est extrêmement
répétitif?
`Plutôt répétitif! De nombreux effets spéciaux étaient prévus
pour les scènes de bagarre et il fallait tourner prise par prise,
détail par détail. Le fait que j'avais deux rôles aussi. Je devais
me changer sans arrêt. Pendant ce temps, Ringo Lam continuait à
tourner sans moi. Des scènes de raccord. Tout cela demande une organisation
terrible. Mais Ringo Lam est vraiment un metteur en scène exceptionnel.
Quand nous avons fait notre premier film ensemble, il ne me connaissait
que de réputation. Il a très vite compris tout ce qu'il pouvait
tirer de moi. Et je crois que, comme acteur, je n'ai jamais été
meilleur que dans ce film-ci.´